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État d'Afrique occidentale, le Togo est bordé au nord par le Burkina, à l'est par le Bénin, au sud par l'océan Atlantique (le golfe de Guinée) et à l'ouest par le Ghana. Superficie : 56 600 km2 Nombre d'habitants : 5,548,702 (estimation pour 2006) Nom des habitants : Togolais Capitale : Lomé Langue : français Monnaie : franc C.F.A. Chef
de l'État : Président
Faure GNASSINGBE (depuis le 6 février 2005) Chef
du gouvernement : Yawovi
AGBOYIBO (depuis le 16 septembre 2006) Type de gouvernement: république sous transition vers multipartisme
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La population et l'économie La population du Togo se caractérise par son dynamisme démographique, avec un taux d'accroissement naturel de 2,6 % par an, sa grande jeunesse (44 % des Togolais ont moins de 15 ans) et son inégale distribution spatiale. La densité de peuplement, moyenne à l'échelle du pays (84 hab./km2), est particulièrement forte dans le Sud où elle dépasse 200 hab./km2. Le Togo demeure un pays essentiellement rural. La population urbaine, qui a été multipliée par six depuis l'indépendance et concerne désormais plus de deux habitants sur cinq, est surtout concentrée dans le Sud où se situe la capitale, Lomé (plus de 500 000 habitants). Nord et Sud s'opposent également par l'origine des peuples : groupe Kwa, dans lequel prédominent les Éwés, dans le Sud, plus christianisé ; groupe Gour, dominé par les Kabrés, dans le Centre et le Nord. L'extension en latitude du pays autorise une assez grande variété de productions rurales, l'agriculture employant plus des deux tiers des actifs. Les cultures vivrières (manioc, maïs, mil, arachide, fruits) et l'élevage ovin, essentiellement tournés vers la satisfaction des besoins intérieurs, alimentent un commerce actif. Si l'industrie est quasi inexistante, l'artisanat – le secteur informel – est très développé, notamment dans les agglomérations. Les principaux produits d'exportation sont les phosphates du lac Togo, seule ressource notable du sous-sol, et les cultures commerciales (café, coton, cacao, palmistes). Mais la balance commerciale est structurellement déficitaire et ne tient pas compte des intenses échanges transfrontaliers facilités par l'existence d'un réseau de transport (routes et voies ferrées) relativement dense. L'économie du Togo a
été mise à mal par la grave crise politique des années 1990 à 1993.
La production de phosphates s'est effondrée de moitié, les échanges ont
fortement ralenti, des habitants du Sud ont fui la répression,
abandonnant leurs activités, et les finances publiques se sont totalement
dégradées. Depuis, on note un retour à une situation plus normale, mais
le maintien d'un appareil d'État plus qu'autoritaire n'est pas favorable
à un véritable développement économique. |
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HISTOIRE Des contacts anciens avec les Européens Le Togo a eu, jusqu'au partage colonial, une histoire difficile à distinguer de celle de ses voisins. Aucun royaume comparable à l'Ashanti ou au Dahomey n'a imposé sa marque sur le pays. Sur un fonds autochtone, Dapangos, Bassaris et Tambermas du Nord, Kabrés et Akpossos du moyen Togo se sont entrecroisées des migrations : Éwés et Yorubas du sud du Dahomey, Baribas de Kouandé, Tyokossis de Côte d'Ivoire, Fantis et Gouins du Ghana, Kotokolis de Haute-Volta, qui, selon les cas, sont restés autonomes ou se sont fondus aux autochtones (Bassaris). L'histoire des Éwés, partis de Kétou, est la mieux connue, notamment la diaspora qui, à la fin du XVIIe siècle, les a vus se répandre dans tout le sud du pays et au sud-est du Ghana. La période contemporaine (à partir de 1923) a aussi vu une émigration kabré et losso vers le sud. La côte togolaise, comme l'ensemble du littoral du golfe de Guinée, est visitée à la fin du XVe siècle par les Portugais, puis par les Danois. Les missionnaires portugais apparaissent au XVIe siècle, mais un protectorat de fait est exercé par les Danois. Le commerce des esclaves prospère de bonne heure, les plaines du bas Togo et à un degré moindre du moyen Togo fournissant un vaste réservoir d'hommes à la traite occidentale, dans laquelle se compromettent de nombreux notables. En 1800, le « Brésilien » (nom donné aux anciens esclaves libérés d'Amérique du Sud) Francisco de Souza s'installe à Anécho et pratique la traite, « bois d'ébène » compris. Mais le commerce européen de l'huile de palme, succédant à celui des esclaves, ne s'implante véritablement que dans la seconde moitié du XIXe siècle. Les premiers comptoirs européens (français, allemands et anglais) se créent vers 1870. La conquête allemande et le partage franco-anglais En juillet 1884, l'explorateur allemand Nachtigal débarque près d'Anécho ; il signe des traités de protectorat avec les chefs de Lomé, d'Anécho et de Porto Seguro. C'est lui qui nomme le pays « Togo », d'après un petit village de la côte. Dès 1885, les Allemands se heurtent à la France. La conférence de Berlin accorde le champ libre à l'Allemagne, et en 1885 et 1886 sont signées des conventions respectivement avec les Français et les Anglais, laissant aux Allemands le libre accès vers le Niger. La rivalité avec la France prend fin en 1897 avec le traité de Paris qui fixe la frontière avec le Dahomey. Avec la Grande-Bretagne, le sort d'une zone neutre au niveau du moyen Togo demeure en suspens jusqu'au traité des Samoa en 1899. La capitale s'installe à Lomé en 1897 et des postes sont créés à l'intérieur : Sansanné-Mango en 1896, Atakpamé et Sokodé en 1898. La « pacification » totale sera difficile, notamment dans le nord (insurrection de 1897-1898 en pays konkomba). Le développement économique démarre vite, notamment sous l'impulsion du gouverneur-comte Zech : peu de plantations, mais prospection du sous-sol, introduction de la culture du cacaoyer, du coton, du teck, création d'un wharf à Lomé, construction de trois lignes de chemin de fer, exportation d'huile de palme et de palmistes, importation de cotonnades. Toutefois, le Nord n'est pas compris dans ce vaste plan de mise en valeur. Dès août 1914, le Togo, qui n'est défendu que par une police indigène, est le siège d'opérations militaires menées par les Alliés et suivies d'une reddition sans conditions le 26 août. Français et Anglais se partagent le pays. La convention du 10 juillet 1919 donne à la France les deux tiers du pays, l'entier front de mer et Lomé, tandis que la Grande-Bretagne obtient les riches terres de l'Ouest. En 1922, des mandats de la S.D.N. sont attribués aux deux pays. Le Togo français connaît d'abord l'administration directe du ministère des Colonies, jusqu'en 1934, puis une sorte d'union personnelle avec le Dahomey (gouverneur et chefs de service communs), et, enfin, en 1936, l'intégration officielle dans l'A-O.F. Vers l'indépendance Le 13 décembre 1946 est mis en place le régime de tutelle des Nations unies, suivant l'article 73 de la charte de San Francisco, prévoyant l'évolution progressive de la population vers la possibilité de s'administrer elle-même. Un conseil de tutelle assure le contrôle de l'administration française, cependant que le Togo fait partie intégrante de l'Union française. La vie politique est alors marquée par la création de partis, Comité d'unité togolaise (C.U.T.), animé par Sylvanus Olympio, parti togolais du progrès (P.T.P.) de Nicolas Grunitzky, Union des chefs et des populations du Nord (U.C.P.N.), et par le problème des Éwés, dont le territoire est coupé en deux par la frontière avec la Gold Coast (aujourd'hui Ghana). Un mouvement animé depuis la Gold Coast (All Ewe Conference) réclame l'unification du pays éwé sous tutelle britannique. À la suite d'un mémorandum franco-britannique adressé aux Nations unies, celles-ci créent une commission permanente pour les affaires togolaises, qui ne parvient pas à une solution, les Éwés ne constituant qu'une minorité dans les deux pays. En 1951, c'est N. Grunitzky qui triomphe aux élections. Dès 1955 est institué un conseil de gouvernement. Le 9 mai 1956, à la suite d'un plébiscite, les territoires du nord du Togo britannique votent massivement le rattachement au Ghana, réglant ainsi définitivement la question éwée. La République autonome du Togo est proclamée le 30 août et Grunitzky devient Premier ministre. Peu à peu, les pouvoirs passent entre les mains des Togolais. Le 27 avril 1958 ont lieu des élections contrôlées par l'O.N.U., qui voient l'effondrement du P.T.P. À son tour, Sylvanus Olympio devient Premier ministre et l'indépendance est proclamée le 27 avril 1960. De l'autocratie à la dictature Olympio voit sa position renforcée par le triomphe des listes de son parti aux élections du 9 avril 1961. Il mène dès lors, grâce à une Constitution de type présidentiel, une politique personnelle, jugulant toute forme d'opposition, instaurant un régime d'austérité financière, isolant le pays à l'extérieur par une politique de non-alignement sur les groupes de Brazzaville ou de Casablanca. Le mécontentement gagne le pays, notamment le Nord, dont les populations se sentent brimées par la place occupée par le Sud, mais aussi par les planteurs de cacaoyers, l'élite chrétienne et la jeunesse urbanisée. Olympio est assassiné le 13 janvier 1963 ; un comité insurrectionnel militaire prend le pouvoir et fait appel à N. Grunitzky et à A. Méatchi, originaire du Nord. Le 5 mai de la même année, des élections ont lieu, tandis que la nouvelle Constitution recueille la majorité des suffrages. La politique d'isolement prend fin. Le Togo entre à l'O.C.A.M., puis, en 1966, au Conseil de l'Entente. Grunitzky pratique une politique libérale, tolérant l'existence d'autres partis à côté du sien, l'Union démocratique des populations du Togo (U.D.P.T.). Une tentative de coup d'État échoue en novembre 1966, mais, le 13 janvier 1967, l'armée s'empare du pouvoir et suspend la Constitution ; le lieutenant-colonel Eyadéma s'impose dès le 14 avril et devient président de la République. Un nouveau gouvernement est formé, les quatre partis politiques supprimés et priorité donnée au développement économique, profitant, au départ, de la construction par l'Allemagne fédérale du nouveau port de Lomé, inauguré en avril 1968. Pour évincer les partisans des anciens présidents, Olympio et Grunitzky, Eyadéma fait approuver par les chefs coutumiers la création d'un parti unique, le Rassemblement du peuple togolais (R.P.T.), dont il est élu président. Consultés par voie de référendum, les électeurs togolais se prononcent le 9 janvier 1972 en faveur du président Eyadéma. Ses compatriotes originaires du nord du pays, comme lui-même, sont majoritaires à la direction du pays. En décembre 1979, une nouvelle Constitution est approuvée par référendum et Eyadéma devient le premier président de la IIIe République togolaise. Il est réélu en 1986, pour un nouveau mandat de sept ans. De l'espoir à la tragédie Comme par le passé, il s'agit d'une parodie d'élections, le « guide suprême » recueillant 100 % des suffrages d'un électorat gonflé de 300 000 voix par rapport aux estimations les plus sérieuses des démographes... Malgré tout, le régime s'adoucit sensiblement, et à partir de 1990, l'exemple du Bénin voisin, premier pays francophone à engager des réformes démocratiques, pousse le général Eyadéma à des concessions. Il n'hésite toujours pas cependant à faire réprimer durement les manifestations de rue dans la capitale. Mais, en juillet-août 1991, il finit par accepter la tenue d'une conférence nationale, ouverte largement aux représentants de la « société civile ». Celle-ci impose la constitution d'un gouvernement dirigé par Joseph Koffigoh, le président de la toute jeune Ligue togolaise des droits de l'homme. Le 27 septembre 1992, la Constitution de la IVe République est adoptée, par référendum, à une écrasante majorité. Eyadéma semble n'avoir conservé qu'un rôle honorifique. En réalité, il s'appuie sur l'armée, dont les officiers sont « nordistes » et qui lui est totalement dévouée. Elle sert à intimider la population et les dirigeants de l'opposition, y compris par l'assassinat, à encadrer des bandes de jeunes désœuvrés, à susciter des « affrontements interethniques » ; elle se soulève, ou se mutine « spontanément » lorsqu'une décision du gouvernement ne plaît pas au président. J. Koffigoh se rapproche peu à peu de la mouvance présidentielle. Fin 1992, une grève générale est lancée et va se prolonger pendant plusieurs mois. Fin janvier 1993, une manifestation tourne à l'émeute. Le lycée français est parmi les cibles visées. Le 25 mars, le camp militaire dans lequel se trouve la résidence d'Eyadéma est attaqué. La répression va conduire près de 300 000 Loméens à fuir au Ghana et au Bénin. L'Allemagne et la France tentent de favoriser une « table ronde inter-togolaise » qui se réunit à Strasbourg, mais échoue, du fait surtout de l'intransigeance du président. L'accord de Ouagadougou Les négociations menées sous l'égide du président burkinabé Compaoré aboutissent par contre à un accord, signé le 11 juillet 1993 à Ouagadougou. Cet accord prévoit notamment des élections présidentielles immédiates, sous supervision internationale, qui se tiennent le 24 août suivant. L'opposition appelle au boycott, alors qu'elle aurait pu vraisemblablement les remporter. La présence d'observateurs – dont Jimmy Carter, qui se retire pour protester contre certaines manipulations – permet d'éviter un trucage majeur : certes, Eyadéma est réélu avec 96 % des voix, comme au temps du parti unique, mais il recueille moins de 700 000 voix sur 2 millions d'inscrits. L'abstention a été massive dans le Sud, dépassant 95 % en région maritime et 85 % à Lomé... Les élections législatives de février 1994 confirment l'affaiblissement du président. Son parti, le R.P.T., l'ancien parti unique, n'obtient pas la majorité. Mais il parvient à diviser l'opposition en nommant Premier ministre Edem Kodjo, chef d'un petit parti, et non le leader du C.A.R. (Comité d'action pour le renouveau), maître Yaori Agboyibo, le véritable vainqueur. Grâce à des législatives partielles (4 août 1996), le R.P.T. devient majoritaire à l'Assemblée. Un technocrate apprécié des institutions financières internationales, Kwassi Klutse, devient chef du gouvernement. En juin 1998, la réélection d'Eyadéma à la présidence de la République, avec plus de 52 % des voix, est fortement contestée, tant par l'opposition que par les représentants de l'Union européenne. À l'issue des élections législatives de mars 1999, boycottées par les principaux partis de l'opposition, la totalité des sièges de l'Assemblée revient au R.T.P. Eugene Koffi Adoboli (R.T.P.) est alors nommé Premier ministre. En juillet, un accord destiné à pacifier la scène politique est signé par l'ensemble des partis togolais. De son côté, le président Eyadéma s'engage à respecter la Constitution, en ne briguant pas un troisième mandat en 2003. En août 2000, à la suite d'un vote de défiance de l'Assemblée, Eugene Koffi Adoboli démissionne ; il est remplacé par Agbeyome Messan Kodjo. © Larousse / VUEF 2003 |